«Chemise arrachée» du DRH d’Air France : trois ex-salariés condamnés à de la prison avec sursis

Deux autres prévenus accusés de violence en réunion ont été relaxés et dix salariés ou anciens salariés de la compagnie, eux poursuivis pour «dégradations», se sont vu infliger une amende de 500 euros.

Les images de Pierre Plissonnier et Xavier Broseta traqués par une foule hostile, et tout particulièrement celles du second, escaladant un grillage torse nu pour échapper aux horions, avaient fait le tour du monde. Le 5 octobre 2015, à l’occasion d’un comité central d’entreprise (CCE), plusieurs manifestants syndiqués s’en étaient pris à deux directeurs des ressources humaines (DRH) d’Air France. Le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné mercredi trois militants syndicaux, accusés de violence en réunion, à des peines de 3 à 4 mois de prison avec sursis. Deux autres prévenus ont été relaxés du même chef d’accusation. Dix salariés et ex-salariés de la compagnie se sont par ailleurs vu infliger une amende de 500 euros pour dégradations.

«La page de ce triste moment pour Air France se tourne, déclare Jean-Marc Janaillac, PDG d’Air France-KLM depuis juillet. Sur le jugement, je n’ai pas de commentaire à faire. On ne commente pas une décision de justice. Et puis je n’étais pas là quand ça s’est passé.»

Les images de Pierre Plissonnier et Xavier Broseta ont fait le tour du monde.

En septembre, à l’issue des débats, le procureur Philippe Bourion avait requis des peines allant de 1000 € d’amende à 4 mois de prison avec sursis. Pour le parquet, la manifestation montée en marge du CCE avait dérapé en raison d’un «effet de meute», d’une «transe collective» que les organisateurs n’avaient pas anticipée. Plusieurs, pressentant le danger potentiel de ces agressions, avaient même tenté de s’interposer entre les deux DRH et la foule: «J’ai dit à M. Broseta de se coller à moi, j’ai mis mon badge CGT pour me frayer un chemin. C’était le bordel», avait témoigné l’un d’eux.

« L’humiliation de cadres n’a jamais créé d’emploi »

Certes, les prévenus que le procureur considère comme auteurs des violences sont des «voyous» et des «gros bras hyperprotéinés», mais le magistrat a souhaité sanctionner les événements de manière équilibrée. Il est vrai que les deux victimes n’ont pu que l’encourager dans cette voie de l’apaisement, tant leur déposition a été empreinte de mesure et d’une exceptionnelle dignité. Pour autant, le procureur Bourion n’a pas gommé le climat social qui avait nourri la colère des salariés: «Il y a l’échauffement fondamental, ces 2900 emplois appelés à disparaître, a-t-il admis. Personne ne considère qu’à l’annonce de ces licenciements, il y aurait obligation d’apporter des fleurs. Cependant, l’humiliation de cadres n’a jamais créé d’emploi, ni engendré de chiffre d’affaires.»

La défense, elle, avait cherché à semer le doute sur l’identité des syndicalistes violents à l’égard de MM. Plissonnier et Broseta, moins facilement identifiables que ceux qui s’étaient contentés de dégrader la grille d’entrée du site pour permettre aux manifestants d’envahir de CCE, et dont les exploits avaient été immortalisés par les nombreuses caméras présentes au moment des faits.

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