La victoire de François Fillon vue par la presse internationale

Catho plutôt austère, ultralibéral convaincu et ex-quatrième homme aujourd’hui capable de remporter la présidentielle… la presse internationale dresse le portrait du vainqueur de la primaire.

François Fillon, «grand vainqueur de la primaire de la droite française» est «très libéral en économie et conservateur sur les questions de société», résume la RTBF. Le candidat de la droite et du centre est «partisan d’une thérapie de choc aux accents thatchériens pour désétatiser la France» développe le média belge sur son site. CNN, pour sa part, titre carrément sur le «Thatcher Français». Une comparaison également reprise par The Telegraph qui parle d’un «leader thatchérien pour la droite française» et poursuit son analyse en citant celui qu’elle décrit comme «l’un des plus fins analystes électoraux français», qui n’est autre que… Patrick Buisson. L’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, qui moquait-il y a quelques jours le discours «ringard» d’Alain Juppé face à la campagne de «transgression des tabous» orchestrée par François Fillon, y voyant même «une révolution conservatrice en marche», réitère dans cette interview. Pour lui, l’élection du député de Paris, porteur d’un programme conservateur, constitue un changement majeur. Nicolas Sarkozy a ouvert la voie à une droite décomplexée, François Fillon l’incarne de façon moins vulgaire et populiste, explique-t-il dans son interview au quotidien britannique.

«Le conservateur François Fillon», comme le qualifie la Tribune de Genève, est décrit comme un «homme austère», «ardent défenseur des valeurs familiales» et «catholique assumé». Le quotidien relève d’ailleurs la présence de Frigide Barjot, présentée comme l’ancienne «égérie» de la Manif pour tous, dimanche soir à la Maison de la chimie, où étaient réunis les soutiens de François Fillon. L’occasion pour le journal de revenir sur les «réserves personnelles» dont le candidat a fait part à propos de l’avortement. Une position très souvent évoquée dans la presse internationale quand il s’agit de dresser le portrait de l’ancien Premier ministre. La BBC explique ainsi qu’il est «conservateur sur des sujets tels que l’avortement ou le mariage gay».

En Espagne, El Pais, de son côté, présente le vainqueur de la primaire comme un conservateur mais aussi comme un homme de foi. «Fillon, un catholique traditionaliste pour mener la France laïque», titre le quotidien espagnol. Père de cinq enfants, créchant dans un château au beau milieu de la «Sarthe rurale», il est souvent décrit dans la presse étrangère comme un adepte des valeurs traditionnelles chrétiennes. Fervent catholique, François Fillon a un «langage dur sur l’immigration et l’islam», note par ailleurs le New York Times.

Conservateur, libéral, défenseur de cette fameuse «identité nationale» française, celui qui a longtemps été vu comme le quatrième homme de la primaire, est également dépeint comme un ex-loser. Bild revient ainsi sur le statut de simple «collaborateur», auquel l’avait relégué Nicolas Sarkozy quand il était Premier ministre – tout en précisant qu’il a été le plus jeune député de l’Assemblée nationale, ayant été élu à 27 ans.

Le Corriere de la Serra parle de son côté du «triomphe d’un outsider», «favori inattendu», «un homme qui pendant trois ans, n’a jamais été considéré capable de troubler ses rivaux Nicolas Sarkozy et Alain Juppé», «même pas considéré comme le troisième homme», position longtemps occupée par Bruno Le Maire. Le quotidien le décrit en même temps comme «sérieux», «préparé», «fidèle aux valeurs de la droite», et porteur de la promesse d’une «révolution conservatrice et libérale». Quelques «qualités» qui pourraient expliquer la victoire de celui qui était surnommé il y a peu Mister Nobody par ses adversaires politiques.

Elu avec environ 66% des voix, candidat de la droite et du centre face à une gauche «en miette» et à une Marine Le Pen qui, bien que le vent en poupe, reste bloquée dans les sondages, François Fillon semble presque élu d’office pour la Tribune de Genève. Le Temps, pour sa part, prédit qu’il devra «dépasser la seule dynamique de cette primaire», qu’il a remportée «sur une promesse de rupture». Quelle va être sa stratégie face aux électeurs du centre déjà courtisés par «le vétéran Bayrou» et «l’ancien ministre de l’Economie Emmanuel Macron», et dont le vote peut faire la différence, s’interroge alors le quotidien ? Même prudence pour le New York Times qui, comme beaucoup de médias, liste les mesures ultra libérales du candidat, de la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires aux méga coupes budgétaires prévues dans son programme et estime qu’elles pourraient le mettre en situation de faiblesse par rapport à Marine Le Pen. Reprenant une déclaration de François Fillon, qui avait assuré vouloir «casser la baraque pour la reconstruire autrement», le quotidien soulève un problème : «les Français ne veulent pas forcément la casser».

Côté politique internationale, la presse étrangère décrit avant tout François Fillon comme un partisan d’un rapprochement avec la Russie. Le désormais candidat de la droite n’a en effet jamais caché sa volonté de tendre la main à Vladimir Poutine, avec lequel il partage une certaine proximité. Le soir du premier tour de la primaire ce dernier a d’ailleurs salué le succès de François Fillon, «grand professionnel», «homme intègre» qui «se distingue fortement des hommes politiques de la planète». Un adoubement que n’avait pas manqué de relever Alain Juppé lors du débat de l’entre-deux tours.

Plutôt logiquement donc, la presse russe s’est montrée particulièrement enthousiaste à l’annonce de la victoire de François Fillon. Le présentateur vedette de la chaîne publique russe Vesti, Dmitri Kisselev, principale voix médiatique du Kremlin, a carrément interrompu son journal d’information pour annoncer le résultat du scrutin. «Les forces de droite relèvent la tête dans toute l’Europe. Qui va maintenant imposer des sanctions et contre qui ? Les temps changent, et ces méthodes sont dépassées», a déclaré le présentateur de l’autre chaîne publique russe, tandis que l’agence officielle Ria-Novosti a, elle, estimé que «François Fillon est le plus pragmatique des candidats en ce qui concerne la politique internationale». Surprenant…

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