Hollande ne sera pas de la partie en 2017

Le président de la République a annoncé jeudi soir depuis l’Élysée qu’il ne briguerait pas un second mandat. Une annonce historique prononcée d’une voix blanche.

Une fin de mandat stupéfiante pour un quinquennat hors norme. Jeudi 1er décembre à 20 heures, au terme d’un bras de fer d’une rare intensité avec son premier ministre, Manuel Valls, le président de la République, François Hollande, a annoncé qu’il renonçait à briguer un second mandat. «J’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle, au renouvellement, donc, de mon mandat. Je tenais ici à vous en faire part directement», a-t-il expliqué à l’issue d’un discours d’une dizaine de minutes, prononcé d’une voix blanche, et dont la diffusion avait été annoncée à peine une heure avant.

Le chef de l’État s’exprimait depuis l’Élysée, mais rien dans le décor ne permettait d’identifier le lieu, comme s’il avait déjà quitté les murs du Palais. Impopulaire comme jamais aucun président avant lui sous la Ve République, vilipendé par une grande partie de son camp, conspué par la droite, François Hollande a donc renoncé. «Je suis conscient des risques que ferait courir une démarche comme la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d’elle», a-t-il expliqué avant de livrer une sorte de testament politique en forme de mise en garde à l’approche de l’élection présidentielle de 2017. «Comme socialiste, parce que c’est l’engagement de toute ma vie, je ne peux accepter, je ne peux me résoudre même à la dispersion de la gauche, à son éclatement, parce qu’elle priverait de tout espoir de l’emporter face au conservatisme et, pire encore, face à l’extrémisme», a-t-il assuré après avoir dénoncé le projet de François Fillon, qui «met en cause notre modèle social et nos services publics». Quant à celui de l’extrême droite de Marine Le Pen, «je vous le dis nettement, franchement, le plus grand danger, c’est le protectionnisme, c’est l’enfermement, et ce serait d’abord un désastre pour les travailleurs français».

Quant aux socialistes et à la gauche, les voici désormais placés devant une situation inédite: divisés comme jamais, sommés par le président qu’ils ont contribué à déchoir de se rassembler.

Cette impossibilité de rassembler la gauche autour de sa candidature, voilà l’élément qui a le plus pesé dans sa décision de se retirer de la course présidentielle. Au point de lancer un appel «à un sursaut collectif qui engage tous les progressistes, qui doivent s’unir dans ces circonstances, car ce qui est en cause, ce n’est pas une personne, c’est l’avenir du pays».

Car, pour le reste, le chef de l’État est apparu plutôt content de son bilan, qu’il a longuement détaillé, ne concédant qu’«un seul regret», celui «d’avoir proposé la déchéance de la nationalité». «Je pensais qu’elle pouvait nous unir, elle nous a divisés», a-t-il admis.

Ce bilan, c’est désormais ce qui restera de son quinquennat, avec bien sûr ce rebondissement final et inattendu du renoncement. Une façon comme une autre – il devient le premier président de la Ve République à ne pas solliciter un second mandat – d’entrer dans l’histoire où François Hollande assurait régulièrement qu’il souhaitait laisser une trace. Pour l’heure, dans l’immédiateté de l’annonce, c’est le côté piteux de la sortie qui prend le dessus. Comme si le chef de l’État avait signé en direct devant les Français l’acte de décès de son quinquennat.

À gauche, ses adversaires de toujours comme Jean-Luc Mélenchon ont ainsi vu dans la déclaration de François Hollande «un énorme aveu d’échec», bon nombre de membres de l’opposition aussi. Dans son camp, en revanche, et même chez ses rivaux ou contempteurs PS, le chef de l’État a semblé reprendre en une soirée le crédit qu’il avait perdu en cinq ans.

Déchaîné contre le chef de l’État depuis son éviction du gouvernement, Arnaud Montebourg a ainsi salué la décision «sage, réaliste, lucide et hautement respectable» de ne pas briguer un second mandat. Il perd avec Hollande son meilleur adversaire, il en gagne un autre avec Valls. Lequel a largement contribué à l’affaiblissement du chef de l’État en faisant savoir qu’il était «prêt» à se porter candidat à l’élection présidentielle si Hollande devait renoncer.

Jeudi soir, le premier ministre a salué «le choix d’un homme d’État». À son tour désormais d’entrer en piste pour la primaire du PS. Ce qui suppose de démissionner de Matignon et donc de procéder à un remaniement.

Les socialistes entrent désormais dans une nouvelle phase, celle d’une primaire sans François Hollande. En renonçant, ce dernier a aussi voulu leur infliger un «électrochoc» pour qu’ils mettent un terme à leurs querelles éternelles. Le président de la République en a fait les frais. Jeudi à l’Élysée, recevant les médaillés des Jeux olympiques et paralympiques de Rio, il a semblé regretter de ne pas avoir été plus soutenu par son camp. «Pour être un grand champion, une grande championne, il faut être entouré, entraîné, soutenu, accompagné, aimé», a-t-il dit aux athlètes. Ce n’était à l’évidence plus son cas dans sa famille politique.

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