Mort de Gotlib : un dernier hommage

Le 4 décembre dernier s’éteignait un des piliers de la BD française ; Marcel Gotlib. Entre autre connu pour ces personnages truculents et attachants, ce fils d’immigrés juifs a offert à tout une génération la liberté de rire de tout.

Les débuts de « l’incontournable »

«Les millions de lecteurs ayant appris à rire dans les pages de la Rubrique à brac, des Dingodossiers, ou de Gai-Luron perdent un humoriste fascinant, un dessinateur virtuose, un touche-à-tout iconoclaste et un ami cher qui parvenait à provoquer le rire à la moindre de ses pages». Ce dernier hommage émis par son éditeur cerne assez bien le personnage.

Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, la carrière de Gotlib (son nom fut francisé par la suite) ne fut pas si longue.

Il commence à se faire connaître à 18 ans chez Vaillant, magazine pour enfants qui deviendra Pif-gadget. Sous son trait déjà reconnaissable naissent Nanar et Jujube, à qui il adjoint Gai-luron, sac à puces triste et attachant et inspiré de Snoopy, le « mal-aimé de tous (ses) travaux ». Ses trois premiers héros seront vite rejoints par d’autres tout aussi loufoques : Hamster Jovial, le scout rock’n’roll, Pervers Pépère, le vieux dégueulasse, Superdupont, son super-héros tricolore à béret basque, le savant Isaac Newton toujours précédé de sa pomme et bien sûr sa petite coccinelle parasite, témoin de tous ces gags.

Sa rencontre avec Goscini

Le jeune dessinateur n’a ensuite qu’à sonner chez le magazine Pilote, où il partage – quel honneur – une double planche de gags avec René Goscini dans Les Dingodossiers (1963-1967). Ce travail de collaboration traitait sur des sujets à priori sérieux au vu de la mine de son Professeur Burp. Les deux hommes, « Superdupont contre Astérix », vécurent un amour quasi-filiale, pour finir brusquement. Comme si l’amour entre deux pères et de cette révolution du neuvième art devait se finir en tragédie.

Cette séparation le pousse à de lancer dans sa propre série -dont il se disait le plus fier- la Rubrique-à-brac. Monument incontournable de l’absurde, elle fut par la suite source d’inspiration -que dis-je- livre sacré pour de nombreux bédétistes. Sa carrière prend fin avec son dernier grand ouvrage, Fluide Glacial.

Harassé de travail, Gotlib lâche entièrement la bride usée par tous les gags crées à un rythme infernal.

Un astronome amateur a même donné son nom à un astéroïde. Gotlib, l’astéroïde tragi-comique de la BD.

Figure majeure du gag -on ne le répétera jamais assez, ce fut le représentant de la nouvelle figure du neuvième art. Marcel Gotlib laisse derrière lui tous ces fans ayant grandi avec lui, et ses créations désormais orphelines.

Julien R.

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