De « Charlie » à l’Hyper Cacher, 72 heures qui ont ébranlé la France

RÉCIT – Le 7 janvier 2015, les terroristes frappent la rédaction de Charlie Hebdo, les clients et employés de l’Hyper Cacher et des policiers. Alors que les experts ne cessaient d’avertir sur l’imminence d’une attaque djihadiste, la France subissait sur son sol la première d’une longue série d’attaques meurtrières.

Deux ans après les attentats de janvier 2015, le terrorisme n’est plus une lointaine chimère pour la société française.


La France de janvier 2015, installée dans la morosité, prononce le rituel «Bonne année» sans trop y croire. François Hollande est au plus bas dans les sondages, le chômage bat des records. La majorité est en capilotade, l’économie à fond de cale. Depuis des mois, responsables politiques et experts de la sécurité répètent sur tous les tons que «la question n’est pas de savoir s’il va y avoir une attaque terroriste mais quand elle aura lieu». La France écoute d’une oreille distraite ces Cassandre lui saper son maigre moral. Elle fait le dos rond. Il fait froid.

Les terroristes frappent le 7 janvier, peu avant midi. Si bien peu de Français lisent encore Charlie, l’assassinat de Cabu, Wolinski et de leurs camarades claque comme une déclaration de guerre. La liberté d’expression est bafouée par deux énergumènes qui éructent des «Allah Akbar» pour signer leur forfait. Plus tard, viendra le temps des polémiques. Mais, cette semaine de janvier, le « Je suis Charlie » griffonné par un graphiste, slogan en lettres blanches sur fond noir, est adopté par les Français avant de faire le tour du monde. Plus tard, éclateront les controverses sur les failles de l’antiterrorisme, les ambiguïtés, les aveuglements…

Mercredi après-midi, la traque des tueurs de Charlie commence. Leur nom, Kouachi, sonne comme une rafale de kalach’. Jeudi, la trace des assassins se perd entre l’Aisne et l’Oise tandis que, du monde entier, les messages de condoléances affluent vers Paris. Vendredi, à l’heure du déjeuner, alors que les frères terroristes sont localisés dans une imprimerie, nouveau coup de tonnerre. Une prise d’otages dans un magasin de produits casher. Plus de vingt clients et employés à la merci de Coulibaly. Des Juifs pris pour cible.

La France retient son souffle. Elle scrute les images muettes de l’imprimerie de Dammartin comme la façade aveugle de l’Hyper Cacher. Elle se fige. Avant d’avancer, par millions, dans les rues, le dimanche 11 janvier. Le 13 novembre 2015 n’est encore qu’une date anodine sur les calendriers. Et personne ne sait ce que les camions font comme malheurs…


● 7 janvier, 11h28 : un nuage de poudre dans la salle de rédaction
Paris, siège de Charlie Hebdo, le terrorisme islamiste fait irruption dans la capitale. Le bilan est lourd : 12 morts, dont des dessinateurs mondialement connus comme Charb ou Cabu. Les terroristes ont d’abord longtemps cherché les locaux. Lorsqu’ils pénètrent dans l’enceinte de l’immeuble, ils abattent un chauffagiste venu pour sa première réparation en plein centre de Paris. Ils tueront 11 autres personnes avant de s’enfuir en voiture devant une patrouille de policiers à vélo, pétrifiés. Ils feront une autre victime – un policier – avant de s’évanouir dans la nature. La traque qui s’en est suivie a été l’une des plus haletantes jamais menées par la police française.

A general view shows firefighters, police officers and forensics gathered in front of the offices of the French satirical newspaper Charlie Hebdo in Paris on January 7, 2015, after armed gunmen stormed the offices leaving twelve dead. Heavily armed gunmen shouting Islamist slogans stormed a Paris satirical newspaper office on January 7 and shot dead at least 12 people in the deadliest attack in France in four decades. Police launched a massive manhunt for the masked attackers who reportedly hijacked a car and sped off, running over a pedestrian and shooting at officers.   AFP PHOTO / MARTIN BUREAU

Montrouge, avenue Pierre-Brossolette, une fusillade retentit sur la voie publique. Une jeune policière municipale est abattue de plusieurs tirs. Clarissa Jean-Philippe perdra la vie face aux tirs de Coulibaly, qui vraisemblablement voulait viser l’école juive un peu plus haut dans la rue. Son courage aura sauvé des vies…

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● 9 janvier, 8h35 : un otage sous l’évier de l’imprimerie
Dammartin-en-Goële, les frères Kouachi se sont retranchés dans l’imprimerie CTD et ont pris son patron en otage. Dans le même temps, Lilian Lepère, employé, s’est caché sous un évier du bâtiment.

● 9 janvier, 13h05 : l’insoutenable huis clos avec Coulibaly
Paris, porte de Vincennes, Amedy Coulibaly prend en otage le personnel et les clients de l’Hyper Casher. Il abat quatre personnes avant d’être abattu par les forces de l’ordre lors de l’assaut final.

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● 9 janvier, 16h30 : Hollande donne le feu vert aux forces d’élite pour les assauts
Paris, l’Élysée, alors que les frères Kouachi décident de sortir de l’imprimerie et de livrer leur dernier combat, le président de la République et ses ministres vont devoir prendre une grave décision : lancer ou pas l’assaut contre l’Hyper Casher. Les frères Kouachi seront tués après plus de deux heures de retranchement dans l’imprimerie, aux alentours de 19 heures.

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