Après avoir pu, Barack Obama a conclu par : « Yes, we did »

Mardi soir, Barack Obama a fait ses adieux à l’Amérique, après huit ans passés à la Maison Blanche. Emu jusqu’aux larmes, le président sortant a aussi exhorté les Américains à être des acteurs du processus démocratique.

Une dernière envolée lyrique. Comme un dernier hommage à son peuple. Un discours émouvant et puissant. Le président sortant Barack Obama – premier président afro-américain des Etats-Unis, faut t’il s’en souvenir – s’est adressé mardi pour la dernière fois à l’Amérique et au monde, dans un discours qui fut à la fois un adieu ému et un appel à la vigilance pour les années à venir.

Il était naturel que le président ­Barack Obama choisisse Chicago, la ville qui l’a vu naître politiquement, pour faire ses adieux, mardi 10 janvier, au terme de huit ans à la Maison Blanche. Il était également ­naturel que, avec le formidable talent oratoire qui l’a accompagné au long de sa présidence, il tire un bilan positif de ses deux mandats et revienne sur le slogan qui l’a lancé, « Yes we can » (« oui, nous pouvons ») en bouclant la boucle par un vigoureux « Yes we did » (« oui, nous l’avons fait »), même si beaucoup d’Américains, jusque dans son propre camp, jugent son bilan en demi-teinte.

Par moment troublé par l’émotion, le 44e président des Etats-Unis, qui s’apprête à céder la place à l’homme d’affaires Donald Trump, a aussi exhorté les Américains à être des acteurs du processus démocratique.

Accueilli par une foule scandant « quatre années de plus, quatre années de plus », Barack Obama a simplement répondu « je ne peux pas faire ça », avant de rappeler sa jeunesse à Chicago. Le président sortant n’a pas hésité à se confier, motivant ainsi les milliers de personnes présentes : « C’est ici que j’ai appris que les changement arrivent quand les gens ordinaires sont impliqués (…). Ce sont les fondemenents de l’Amérique », relate Le Monde.

Il n’a pas hésité à parler de la génération future qu’il a rencontré aux quatre coins de l’Amérique, la qualifiant de « généreuse, altruiste, créative, patriote », ajoutant : « j’en conclus que le futur est entre de bonnes mains. »

Il a appelé les Américains à rester vigilants

« Notre démocratie est menacée à chaque fois que nous la considérons comme acquise », a-t-il insisté, soulignant que la constitution américaine n’avait aucun pouvoir en tant que telle. « Si je vous avais dit il y a huit ans que nous inverserions la récession, que l’on relancerait notre industrie automobile, que l’on aurait ouvert un nouveau chapitre avec les Cubains, que l’on aurait neutralisé l’instigateur du 11-Septembre ? (…) Mais c’est ce que nous avons fait. C’est ce que vous avez fait. Et grâce à cela l’Amérique est un endroit meilleur et plus fort que lorsque nous avons commencé ».

Barack Obama a ensuite évoqué son successeur et a appelé les Américains à rester vigilants. « Cela dépend de nous que notre gouvernement nous aide à remporter les challenges qui s’offrent à nous. Nous sommes toujours la plus respectée et riche nation au monde. Ce potentiel ne se réalisera que si notre démocratie fonctionne. Si nos politiques reflètent mieux la décence de nos populations. C’est sur cela que je veux me concentrer ce soir. L’état de notre démocratie. La démocratie requiert un sens de la solidarité. Que malgré nos différences, nous sommes dans le même bateau, nous réussissons ou tombons ensemble. »

Il  a par ailleurs appellé la foule à préserver la démocratie : « Nous devrions tous être impliqués dans sa préservation. Nous, les gens, avons le pouvoir. Avec notre participation, avec notre vote et les choix que nous faisons. Avec notre respect des règles et des lois. L’Amérique n’est pas fragile mais notre chemin vers la liberté peut faiblir. (…) Nous ne pouvons pas nous contenter d’observer ces gens que nous avons élus. La composante la plus importante de notre démocratie, c’est ses citoyens. Pas seulement cette élection ».

« La démocratie peut flancher lorsque nous cédons à la peur », a-t-il mis en garde depuis Chicago, terre de sa fulgurante ascension politique où il avait célébré, il y a huit ans, son accession à la Maison Blanche. « Yes we did » (Oui, nous l’avons fait), a-t-il conclu sous un tonnerre d’applaudissements, dans une allusion à son célébrissime slogan de campagne « Yes we can ».

« Tous ensemble, quel que soit notre parti, nous devrions nous attacher à reconstruire nos institutions démocratiques », a-t-il martelé, devant près de 20.000 personnes rassemblées au coeur de cette ville de l’Illinois (nord) où il a rencontré sa femme et où ses enfants sont nés. « Vous avez fait de moi un président meilleur, vous avez fait de moi un homme meilleur », a-t-il déclaré à la foule. A l’image de ce qui était tout de même un adieu, la note la plus sombre l’a emporté sur la plus lumineuse.

Il s’est montré très ému lors de l’hommage rendu à son principal mentor politique, sa femme Michelle. Son public devait l’être tout autant lorsqu’il a pris conscience qu’il venait de perdre le sien.
Publicités

Un commentaire sur “Après avoir pu, Barack Obama a conclu par : « Yes, we did »

Ajouter un commentaire

Réagissez

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :