« La présidentielle la plus folle de tous les temps »

A l’étranger, la campagne suscite souvent de l’inquiétude. Le Pen et Macron dominent dans les médias.

C’est l’élection « la plus imprévisible depuis des décennies », affirme le quotidien britannique « Daily Telegraph ». « La course à l’Elysée la plus folle de tous les temps », renchérit l’italien « Corriere della Sera ». A l’étranger, la campagne électorale est observée avec un mélange de stupéfaction, d’espoir et… de peur.

En Allemagne, la date du 7 mai est considérée comme une journée fatidique. Après l’élection de Donald Trump et le Brexit, l’hypothèse d’une victoire du FN préoccupe. L’électorat « n’a jamais été aussi à vif et instable », s’inquiète la « Frankfurter Allgemeine Zeitung », tout en rappelant que « le pire n’est jamais certain ». « Si Mme Le Pen devenait présidente […], l’UE et l’Union monétaire dans sa forme actuelle seraient naturel­lement dans une crise existentielle », a déclaré le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, sur la chaîne de télévision ARD : « Ce serait la fin. » L’Allemagne place ses espoirs en Emmanuel Macron. Avec son discours pro-européen, « le séducteur » (dixit la « Berliner Zeitung ») ravit la droite comme la gauche. « La France et l’Europe ne peuvent pas en trouver un meilleur que lui », juge la « Süddeutsche Zeitung ».

La Grande-Bretagne suit d’autant plus au jour le jour les développements du « Penelopegate » que l’épouse de François Fillon est britannique. Les rumeurs sur la vie privée d’Emmanuel Macron sont aussi rapportées, dans un pays où la vie privée des politiques est beaucoup plus exposée qu’en France. Surtout, la presse ne manque pas de faire un parallèle entre le scrutin et le Brexit. Pour le « Financial Times », les chances de victoire du FN sont « peut-être surestimées », mais, face à un « establishment français totalement discrédité », le parti d’extrême droite a su séduire au-delà de son électorat traditionnel en présentant « une idéologie cohérente et profondément enracinée dans la société française ». Souvent comparé au leader travailliste Jeremy Corbyn, Benoît Hamon n’a « aucune chance », tranche le « Guardian ». Le succès d’Emmanuel Macron, lui, étonne : le système électoral britannique rendrait impossible la montée en puissance aussi rapide d’un candidat qui n’est soutenu par aucun grand parti.

En Italie, Emmanuel Macron fait beaucoup parler. On le compare à Matteo Renzi. Le journal de gauche « Fatto Quotidiano » l’a baptisé « le casseur », reprenant un surnom de l’ancien président du Conseil. « Macron, le Renzi de l’autre côté des Alpes », titre « Il Mattino », le plus grand quotidien du sud de la péninsule. Le journal économique « Il Sole 24 Ore » publie un éditorial intitulé « Marchons, Marchons ! » : « La France peut être la première à arrêter la vague populiste ». L’image de la France n’est pas dégradée par l’affaire Fillon : le public italien est habitué à bien pire. En revanche, le fait que Marine Le Pen soit en tête des intentions de vote entame l’image d’un pays ouvert et pilier de la construction européenne.

En Espagne, les retournements de la campagne française étonnent. Mais, là encore, la question qui revient en boucle est de savoir si le FN peut gagner. « Placer un électorat en colère devant le dilemme de choisir entre un corrompu sans charisme et une démagogue charismatique serait jouer avec le feu », prévient le journal de centre gauche « El Periódico », selon lequel François Fillon « sent le cadavre politique ». Emmanuel Macron intéresse. « Son programme combine valeurs de gauche et mesures libérales. Un intéressant cocktail pour qui joue le piano comme Sam dans « Casablanca » », relève « La Vanguardia ». Des éditorialistes le comparant toutefois à Albert Rivera, le leader centriste de Ciudadanos, populaire pendant la campagne en 2016 mais qui a déçu dans les urnes.

Aux Etats-Unis, la campagne française intéresse peu. Les médias tendent à réduire l’Europe à l’Allemagne et voient surtout la France comme un pays en proie au terrorisme et à la criminalité. Le « Penelopegate » a toutefois donné lieu à quelques articles assassins sur la « culture politique de l’immunité et des privilèges ». En France, souligne le francophile « New York Times », « être un responsable politique de haut niveau, c’est entrer dans une sphère où il est normal de faire venir quelqu’un pour cirer ses chaussures ». La candidature d’Emmanuel Macron intrigue, mais ne suscite pas l’engouement. Le « Wall Street Journal » se souvient surtout de son commentaire contre la taxe à 75 % ( « Cuba sans le soleil ») et de ses réserves sur les 35 heures.

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