Le tribunal de Nice clément avec Cédric Herrou, «passeur» humanitaire

L’agriculteur, devenu le symbole de l’aide aux migrants à la frontière franco-italienne, a été condamné vendredi à 3.000 euros d’amende avec sursis pour en avoir pris en charge des migrants sur le sol italien.

3 000 euros d’amende avec sursis, pas de confiscation de son véhicule ou de limitation de son permis de conduire: le tribunal correctionnel de Nice a été ce vendredi matin d’une grande clémence avec Cédric Herrou, un agriculteur de Breil-sur-Roya, village proche de l’Italie, poursuivi pour l’aide à l’entrée et au séjour d’étrangers en situation irrégulière. Lors du procès qui s’était tenu à Nice le 4 janvier, le parquet, qui a maintenant dix jours pour faire appel, avait pourtant requis huit mois d’emprisonnement à l’encontre de celui qui est devenu le héros des citoyens prônant la solidarité avec les réfugiés africains bloqués dans la ville-frontière de Vintimille, en Italie. Devant environ 300 personnes rassemblées en soutien devant le palais de justice de Nice, le prévenu a indiqué qu’il «prenait plutôt bien» ce jugement, son avocat indiquant toutefois vouloir étudier la possibilité de faire appel.

Le tribunal, dans ses motivations, a tenu a faire la distinction entre les migrants que Cédric Herrou avait pu recueillir alors qu’il les avait croisés sur des routes françaises, ou lorsqu’ils s’étaient présentés de leur propre chef à son domicile, – le relaxant des faits d’aide au séjour irrégulier en raison de l’immunité pénale qui s’applique aux «passeurs» humanitaires – , des migrants que Cédric Herrou était allé chercher à Vintimille, côté italien. Le tribunal l’a cette fois déclaré coupable d’aide à l’entrée et au séjour, jugeant que l’agriculteur n’avait pas apporté la preuve que «chaque action de sauvegarde était individualisée». L’appel pourrait porter sur ce point, l’avocat du prévenu indiquant être en mesure d’établir une liste précise de ces personnes.

«Nous continuerons car c’est nécessaire de continuer»

Cédric Herrou, qui était également poursuivi pour l’occupation d’une colonie de vacances désaffectée de la SNCF située à Saint-Dalmas de Tende, toujours dans la vallée frontalière de la Roya, a également été relaxé de ces poursuites, le tribunal invoquant, à propos de cette «installation en réunion», «l’état de nécessité» qui avait poussé Cédric Herrou et les militants de l’association Roya Citoyenne à trouver un abri pour les 57 migrants, dont 29 mineurs, hébergés sur ce site de la SNCF. Cette dernière a été déboutée de ses demandes.

Cette clémence de la justice semble avoir donné des ailes à Cédric Herrou, qui a affirmé devant ses soutiens et sous une nuée de caméras du monde entier vouloir «continuer à agir car on agit dans l’urgence», faisant fi de la «menace d’un préfet ou des insultes d’un politique ou deux». «Nous continuerons car c’est nécessaire de continuer», a-t-il lancé en forme de défi. Lors d’un précédent procès qui avait vu le même tribunal relaxer un autre «passeur» humanitaire de la région, et ce malgré les réquisitions de six mois d’emprisonnement formulées par le parquet, le procureur de la République de Nice avait, début janvier, fait immédiatement appel du verdict.

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