Lee Jae-yong, patron de Samsung Group, mis en examen pour corruption

Lee Jae-yong, le patron de Samsung Group, a été mis en examen ce mardi pour corruption et détournement de fonds avec quatre autres dirigeants dont trois ont démissionné dans la foulée.

Le procès s’annonce déjà comme un chemin de croix pour l’héritier de la dynastie Samsung, et menace la mainmise familiale sur le numéro un mondial de la téléphonie mobile. Lee Jay Young devra répondre devant le tribunal des accusations de «corruption, détournement de fonds et de dissimulation de biens à l’étranger» suite à sa mise en examen par la justice sud-coréenne, le 28 février. Dans le sillage du scandale politique du ChoiGate, qui a déjà conduit à la destitution de la présidente Park Guen Hye, le vice-chairman de Samsung est accusé d’avoir soudoyé l’Etat à coup de versements de pots de vins à hauteur de 36 millions de dollars, à destination de la conseillère de l’ombre du palais présidentiel, Choi Soonsil. Des largesses visant à arracher le feu vert de la Caisse Nationale des retraites à une fusion entre deux branches du conglomérat, capitale pour maintenir le contrôle familial sur l’Empire, et réduire sa facture fiscale, soupçonnent les enquêteurs. Lee Jay Young nie avoir «acheté» l’appui de la présidente au mariage entre Samsung C&T et Cheil, lors d’une entrevue en 2015, mais la colère populaire rattrape le conglomérat qui pèse à lui seul 20% des exportations sud-coréennes.

A 48 ans, le diplômé d’Harvard qui ambitionnait de donner un nouveau souffle à Samsung Electronics, croupit dans une cellule à quelques kilomètres de sa luxueuse villa du quartier cossu d’Hannamdong. Alors qu’il s’apprête à dévoiler son nouveau smartphone Galaxy 8, le 29 mars à Londres pour rebondir après le fiasco du Galaxy Note 7, l’horizon stratégique du géant de l’électronique est obscurci par le feuilleton judiciaire de celui qui avait pris les rênes depuis l’attaque cardiaque qui a frappé son père Lee Khun Hee, en 2014. Lee Junior risque une peine de plusieurs années de prison qui pourrait l’empêcher de s’imposer à la tête de l’Empire, à un moment crucial, alors que la concurrence chinoise et la banalisation des smartphone grignote ses marges. Autre coup dur, la mise en examen du vice-président Choi Gee-sung, et de trois autres hauts dirigeants prive Lee de précieux lieutenants.

Cette crise judiciaire menace la centralisation du groupe tentaculaire sous le contrôle étroit de la famille qui l’a fondé en 1938 et pourrait ouvrir la voie à une gestion plus managériale des opérations. Mardi, Samsung a annoncé la dissolution de son unité stratégique, qui coordonnait dans l’ombre la stratégie de la soixantaine de filiale du chaebol. «C’est un choc de voir Samsung démanteler l’intégralité de la structure et couper les liens entre les filiales comme s’il brisait une flotte», a réagi Chung Sun-sup directeur général du cabinet Chaebul.com. Cette décentralisation pourrait annoncer un démantèlement progressif du groupe en plusieurs entité, tiraillées entre les trois héritiers, Jay Young et ses deux sœurs cadettes Boojin et Seo Hyun. Pour l’heure, le fils aîné doit préparer sa défense pour démontrer son innocence aux juges et prouver à l’opinion que Samsung est un pilier de la prospérité de quatrième économie d’Asie.

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