7 ans de prison pour l’adolescent islamiste qui avait tenté d’assassiner un enseignant juif

Se réclamant de Daech, l’adolescent, qui a également écopé ce jeudi de cinq ans de suivi socio-judiciaire, avait tenté d’assassiner en janvier 2016, à Marseille, un professeur juif à coups de machette.

Un adolescent radicalisé a été condamné ce jeudi à sept ans de prison et cinq ans de suivi socio-judiciaire, après avoir attaqué à la machette un enseignant juif à Marseille, en janvier 2016, a annoncé l’avocat de la victime, Fabrice Larbi. Le jeune homme ne fera pas appel, a déclaré à l’AFP son avocat, Me Merabi Murgulia. La décision du tribunal est une «satisfaction» pour l’enseignant, a déclaré son avocat.

Ce procès, ouvert mercredi à huis clos devant le tribunal pour enfants statuant en matière criminelle, est doublement inédit en France. Il s’agit du premier auteur d’une attaque à caractère djihadiste en France à être jugé et c’est le premier cas de mineur de moins de 16 ans comparaissant pour un acte de terrorisme. On se souvient de l’émoi qu’avait suscité, le 11 janvier 2016, à Marseille, la tentative d’assassinat à la machette de Benjamin Amselem, professeur de culture hébraïque dans une école judaïque, par un jeune de 15 ans, turc d’origine kurde, une communauté qui se bat contre l’État islamique en Syrie et en Irak. Yusuf avait agressé l’enseignant en pleine rue sur le chemin de son école, kippa sur la tête et torah sous le bras. Il avait eu la vie sauve grâce à son livre sacré dont il s’était servi comme bouclier! Malgré une machette d’une cinquantaine de centimètres, le lycéen n’avait réussi qu’à lui infliger des blessures légères mais, en revanche, il lui a laissé un réel traumatisme. Le professeur avait réussi à prendre la fuite, mais après une chute, il avait été rattrapé par son agresseur qui avait encore tenté de le tuer… «Son regard, c’était de la haine… c’est un terroriste qui veut tuer», avait analysé Benjamin Amselem quelques jours après l’agression. Les cris de la victime ayant alerté le voisinage, plusieurs personnes avaient mis en fuite le jeune qui avait laissé sur place la machette et son sac de cours.

Radicalisé sur internet

Yusuf n’a jamais nié les faits. Selon l’ordonnance de renvoi, il les a même revendiqués, précisant avoir voulu «attaquer le juif», en suivant l’exemple de ses «frères» palestiniens, et parce que la victime l’a provoqué «en marchant tranquillement» et en portant une kippa. Il s’est dit honteux de ne pas avoir eu assez de forces pour le tuer! Il s’est revendiqué salafiste, partisan de l’État islamique auquel il a prêté allégeance. Il a reconnu avoir voulu partir en Syrie pour y mener le djihad, citant comme références Oussama Ben Laden ou Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de Daech. Il a indiqué s’être radicalisé seul sur Internet depuis l’été 2014.

Son passage à l’acte était prémédité. Dix jours auparavant, il avait acheté seul la machette et un couteau pour «planter» les policiers quand ils l’arrêteraient. Il aurait voulu mourir en martyr lors de l’interpellation.

Arrivé en France à l’âge de 11 ans pour rejoindre son père qui a fui les persécutions antikurdes, le lycéen, en seconde professionnelle au lycée Ampère de Marseille, était sérieux et bien noté. Il était délégué de classe mais solitaire. Les enseignants n’avaient remarqué aucun signe de radicalisation ou de prosélytisme. Quelques semaines avant l’agression, certains camarades avaient constaté qu’il se renfermait. L’un d’eux avait reçu un texto lui enjoignant de faire la prière! En 2015, il avait déclaré à ses camarades vouloir aller en Syrie et approuver l’attentat de Charlie Hebdo. Son père avait cassé son ordinateur quand il avait vu les sites qu’il consultait.

Après plusieurs mois de détention, l’adolescent a affirmé «avoir pris du recul vis-à-vis de l’action menée par l’État islamique». Expliquant son passage à l’acte par la propagande de ce groupe: «C’est comme si j’étais un robot (….) c’est comme si j’avais un CD dans le cerveau.» Il a assuré «pouvoir maintenant faire la différence entre propagande et réalité».

Cette évolution n’avait pas convaincu Me Fabrice Labi, un des défenseurs de Benjamin Amselem: «On peut s’interroger sur la sincérité du changement vu que l’expert psychiatre ne l’a vu que deux fois. Nous voulons une peine à la hauteur de l’agression et du préjudice subis. La victime en subit toujours les affres. Il n’y a pas un instant où il se sent en sécurité. Il a vu la mort de près et fait très souvent des cauchemars.» Le professeur a quitté Marseille et repris son activité dans la région parisienne en septembre dernier mais il est de nouveau en congé maladie. Il était présent lors du procès.

Âgé de moins de 16 ans, à une semaine près, lors des faits, Yusuf bénficiait de l’excuse de minorité, et la peine maximale encourue était alors réduite à vingt ans de prison.

Publicités

Réagissez

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :