Aux Pays-Bas, le « printemps populiste » n’a pas eu lieu

Ce mercredi 15 mars, près de 13 millions d’électeurs néerlandais étaient appelés aux urnes à l’occasion des élections législatives. Durant toute la campagne, les débats étaient centrés autour du sulfureux Geert Wilders, dont les déclarations outrancières ont électrisé l’opinion. Et pour cause, les sondages le donnaient largement en tête du scrutin depuis plusieurs semaines.

Par Stanislas Racine | Publié le 17/03/2017 à 19h59

Ce mercredi 15 mars, près de 13 millions d’électeurs néerlandais étaient appelés aux urnes à l’occasion des élections législatives. Durant toute la campagne, les débats étaient centrés autour du sulfureux Geert Wilders – fondateur et chef de file du PVV (Le Parti de la Liberté) formation d’extrême-droite populiste, islamophobe et europhobe – dont les déclarations outrancières ont électrisé l’opinion. Et pour cause, les sondages le donnaient largement en tête du scrutin depuis plusieurs semaines lui prêtant même les traits d’un possible futur Premier Ministre. Mais les électeurs en ont décidé autrement…

En effet, a l’issue du scrutin le score des populistes du PVV est beaucoup moins puissant qu’attendu. Les démocrates-libéraux du VVD, menés par le Premier Ministre sortant Mark Rutte, arrivent finalement largement en tête avec environ 21,2% des suffrages et près de 33 sièges au Parlement, sur 150.
Les nationalistes du PVV arrivent en 2ème position avec 20 sièges à la Chambre des représentants et environ 13,1% des voix exprimées, suivi par les chrétiens démocrates (19 sièges) et les centristes réformateurs (19 sièges). En réaction à ce score, le leader nationaliste Geert Wilders a revendiqué être à la tête du deuxième parti des Pays-Bas à l’issue de ce scrutin en précisant :

« [Mark] Rutte n’est pas encore débarrassé de moi ! »

À noter, la belle poussée des écologistes qui remportent 14 sièges à la chambre basse du Parlement, contre 4 à l’issue des élections législatives précédentes en 2012, et l’effondrement total des travaillistes du PvdA qui passe de 38 à 9 députés.

L’influence de la crise diplomatique avec la Turquie

C’est l’événement qui aura cristallisé la fin de la campagne aux Pays-Bas : le clash avec la Turquie de Recep Tayyip Erdogan, le Premier Ministre Mark Rutte étant à la manœuvre.
Pourtant à première vue, les manifestations, parfois sous tension, de la diaspora turque à Rotterdam ou Amsterdam qui en ont découlé auraient pu profiter aux thèses développées par l’extrême-droite mais, de toute évidence c’est le parti au pouvoir qui en a bénéficié.

En effet, dans sa lutte acharnée avec ses rivaux, Mark Rutte a pu s’imposer comme un homme d’état à la hauteur, capable de résister au président autoritaire de la Turquie ; une séquence qui lui aura certainement fait gagner un petit peu plus la confiance des électeurs et lui apporta une certaine forme de stature internationale concrétisée par sa victoire, ce mercredi soir.
Pourtant la route est longue pour les libéraux démocrates avant de former un gouvernement car, malgré cette victoire sans appel, la formation de centre-droit perd une dizaine de siège au parlement et devra former une coalition avec au moins 3 partis pour essayer de gouverner. Sauf si la gauche néerlandaise arrivait, dans la surprise générale, à constituer une autre coalition composée de six formations politiques et capable de constituer une majorité suffisante.
En attendant, ce soir, c’est bel et bien le Premier Ministre sortant qui possède l’ensemble des cartes en main.

Le pari raté de Wilders

Il y a près d’un mois, Geert Wilders se voyait déjà en haut de l’affiche, faisant de son jeune parti d’extrême-droite, le premier parti des Pays-Bas. Les sondages le donnaient si haut qu’il se rêvait même en futur premier ministre. Mais la réalité est plus dure pour la formation alliée du Front National sur la scène européenne.
« Le printemps patriote » européen qu’il espérait tant ne prendra pas sa source au pays des tulipes et il est fort à parier qu’il ne fera parti d’aucune coalition gouvernementale étant donné que tous ses adversaires ont d’ores et déjà fait une croix sur une éventuelle alliance avec le PVV.
Cette défaite suffit même à gâcher toutefois la performance du parti qui réalise malgré tout l’un des meilleures score de son Histoire et gagne 5 sièges supplémentaires au Parlement par rapport aux élections législatives de 2012.
Wilders va donc maintenant certainement se préparer à devenir la première force d’opposition politique à la majorité qui se constituera dans les prochaines semaines tout en continuant sa lutte invétérée contre ses démons : l’immigration, l’islam et l’Europe.

La Hollande (enfin, pas la nôtre…) laisse donc une soirée de répit à l’ensemble de l’Europe qui scrutait, inquiète, ces élections. Peu de temps, pourtant, pour savourer ce « choix de la stabilité » comme le disait Mark Rutte dans son discours de victoire ce mercredi soir, puisque les élections françaises arrivent à grand pas et que Marine Le Pen figure toujours en tête des sondages pour le premier tour de la présidentielle.

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