La terreur en une de la presse européenne après l’attentat de Londres

Revue de presse au lendemain des attentats de Londres autour de Westminster, qui ont fait 4 morts et plus de 40 blessés, dont 3 lycéens français de Concarneau. L’attaque est présentée comme une atteinte à la démocratie, une journée de terreur, le coeur du Royaume-Uni attaqué.

En une des journaux britanniques, l’attaque est souvent présentée comme une «attaque contre la démocratie», à l’instar du Daily Mirror. Le Daily Mail titre sur «Le jour où la terreur est arrivée à Westminster». Le Times parle d’un «Assaut sur Westminster». Westminster désigne dans l’imaginaire britannique le coeur – sacré ou vilipendé – de la vie politique et de la démocratie du pays. Un sanctuaire violé pour la première fois depuis une attaque de l’IRA au mortier contre Downing Street en 1991. Le Telegraph reprend en manchette les mots de Theresa May : «Nous n’autoriserons jamais le mal nous diviser». Étonnamment, le Sun n’évoque pas à sa une le terrorisme, en titrant sur «Le fou qui a poignardé la Grande-Bretagne au coeur», sous une photo de l’assaillant sur une civière. Le tabloïd rend aussi hommage au «policier héros qui est mort en l’arrêtant». Keith Palmer, 48 ans, était un policier non armé, comme la grande majorité des forces de l’ordre britanniques. Il était membre du corps de protection diplomatique, chargé de la sécurité du Parlement.

Les pages intérieures sont pleines de récits de «carnage» sur le pont de Westminster «où les corps volaient dans tous les sens», rapporte le Times. Le journal revient sur le fait que «même le plus haut niveau de sécurité n’a pas suffi à arrêter l’attaque». Des appels se sont élevés pour revoir les mesures de protection du Parlement, mais aussi sur les ponts et dans les rues alentour. Le Guardian met en exergue «le courage et l’humanité simple face à une attaque horrible». Il cite la rapidité de l’intervention des secours, l’entraide d’anonymes pour leurs pairs, et «les tasses de thé apportées aux policiers montant la garde», symbole anglais s’il en est du réconfort. Le secrétaire d’Etat Tobias Ellwood, ancien militaire, qui a tenté de secourir le policier poignardé est loué dans tous les journaux comme un «héros». Triste coïncidence, il a perdu son frère dans un attentat à Bali en 2002.

Dans son éditorial, le Telegraph estime que «si l’on surréagit, le terrorisme gagnera». «Même dans le deuil de ceux qui ont été tués et en souhaitant un prompt rétablissement aux blessés, nous devons aussi priver les attaquants de la réaction disproportionnée qu’ils recherchent», plaide le journal conservateur.

Un attentat qui influencera les élections prochaines en Europe, selon la presse russe

La plupart des publications russes établissent un lien entre les attentats et le problème de l’immigration en Europe «Ce meurtre est fait pour semer la peur et créer un choc dans le société», selon Olga Pavlenko, ajointe au recteur de l’Université russe des sciences humaines, interrogé par le site internet de Kommersant. «Le problème profond réside dans le déséquilibre de la population au sein de l’Union européenne. La seconde et troisième génération de la diaspora, qui réagit à la situation avec Daech et Mossoul, représente la couche la plus dangereuse», estime cette experte. «Cet attentat influencera principalement les humeurs des électeurs à la veille d’élections, en particulier en France», explique le chroniqueur de politique étrangère, Feodor Lioukanov, à l’Agence de presse officielle Ria Novosti.

Pour les médias allemands, le cœur de la démocratie a été atteint

Les tabloïds allemands affichent des photos des victimes en une. «Oh no !», écrit le B.Z en racontant la panique au bord de la Tamise. «Terreur à Londres», renchérit Bild en montrant des clichés des couteaux de l’assaillant. A l’unisson, tous les médias allemands relayaient leur solidarité envers les victimes de l’attentat de mercredi. La veille, la chancelière Angela Merkel avait rappelé que l’Allemagne «se tenait aux côtés des Britanniques».«Celui qui attaque le parlement britannique attaque le coeur de la démocratie au Royaume-Uni», souligne la Süddeutsche Zeitung dans un éditorial en insistant sur la «symbolique» de l’endroit. La Frankfurter Allgemeine Zeitung insiste pour sa part sur la date choisie par le terroriste: un an après l’attaque de Bruxelles. «Ce n’est pas un hasard», commente le quotidien. «Le message est clair: personne n’est en sécurité» en Europe même si les islamistes «perdent du terrain au Proche-Orient». «Même s’il reste des questions à éclaircir» sur l’attentat, «on pense entendre des ricanements» dans les coulisses.

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