Vladimir Poutine a reçu Marine Le Pen

Le président russe a assuré que la Russie ne voulait pas avoir «de l’influence sur les évènements à venir», selon des propos retranscrits par les agences de presse russes.

Discrète publicité dans la campagne électorale de Marine Le Pen : en déplacement vendredi à Moscou, la présidente du Front national a été reçue par Vladimir Poutine. Par le truchement d’une seule caméra officielle, la rencontre s’est déroulée à l’abri des journalistes dans un salon du Kremlin, en marge d’une visite, par la candidate, de l’exposition moscovite consacrée aux trésors de la Sainte Chapelle. Au menu officiel de ce tête-à-tête improvisé et inédit: la lutte contre le terrorisme, au nom de laquelle le président russe et son hôte française ont plaidé en faveur d’une plus grande collaboration internationale. Au passage, le leader russe a délivré un message tout à fait ambigu aux électeurs de l’hexagone: il s’est défendu de soutenir la candidate d’extrême droite tout en épousant les thèmes de campagne qui sont les siens.

«Nous ne voulons en aucun cas influencer le déroulement des évènements (en France, NDLR), a expliqué le chef du Kremlin dans un sourire. Tout en ajoutant aussitôt: «mais nous nous réservons le droit de parler avec tous les représentants politiques de toutes les forces politiques du pays, comme le font nos partenaires, en Europe ou aux Etats-Unis».

A Washington, la Russie est soupçonnée d’avoir favorisé la victoire de Donald Trump et à Paris, de fragiliser la candidature d’Emmanuel Macron, selon les responsables de son mouvement en marche. En 2014, Marine le Pen avait reçu un prêt de 9 millions d’euros de la part d’une banque russe, First Czech-Russian bank qui, depuis a fait faillite obligeant le Front national à rembourser ses créditeurs. Cette opération a alimenté les soupçons de collusion. Vendredi, le porte-parole du Kremlin a affirmé que le thème du financement de la campagne électorale de Marine Le Pen n’a pas été évoqué.

Au-delà, l’opportunité d’une discussion sur la lutte anti-terroriste, paraissait évidente : mardi, les attentats de Londres revendiqués par Daech ont fait quatre victimes. La nuit dernière, en Tchétchénie, république musulmane instable du sud de la Russie, une attaque perpétrée contre une base militaire russe a fait douze morts – dont six soldats russes – et trois blessés. Tout comme Marine Le Pen, Vladimir Poutine rend l’immigration, principale responsable de la violence en Europe. «Malheureusement, la destruction des modes de vies traditionnels au Proche-Orient a conduit à une hausse de la violence et de l’afflux migratoire», s’est inquiété le chef du Kremlin. Pour sa part, la candidate du FN a souligné le danger de l’infiltration de l’Etat islamique au sein des «flux migratoires».

Plus tôt dans la journée, Marine Le Pen avait filé le même thème à la Douma, lors d’une rencontre – plus formelle – avec le président du parlement russe, Viatcheslav Volodine, notamment entouré par l’ex-champion du monde, Anatoly Karpov, et l’ancienne championne olympique de patinage de vitesse, Svetlana Jourova, devenus tous deux députés de Russie Unie, le parti du Kremlin. A cette occasion, la candidate du Front national a plaidé en faveur d’une levée ses sanctions qui fragilisent la Russie depuis la prise de la Crimée en mars 2014. «Celles-ci sont contre-productives et le fait d’interdire à des parlementaires de se parler s’apparente à un mépris des droits démocratiques», a-t-elle dénoncé. Aussi bien Viatcheslav Volodine que le chef du Comité des affaires étrangères, le dépuré nationaliste Leonid Sloutski, sont interdits d’entrée sur le territoire européen et leurs avoirs sont gelés, en raison du soutien politique qu’ils ont apportèrent à l’époque à l’annexion de la péninsule.

«Comme vous le savez, j’ai toujours été partisane de la Russie et d’un soutien des liens au plus haut niveau…J’espère, dans deux mois, si on m’en offre la possibilité, je resterai aussi fidèle à cette position», a résumé Marine Le Pen, pour qui les médias pro-Kremlin ne cachent pas leurs préférences. La veille de sa visite à Moscou, le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui milite en faveur d’un «nouvel ordre mondial» avait qualifié Marine le Pen de personnes «réaliste», refusant, tout comme à Donald Trump, d’accoler à la candidate FN, l’étiquette «populiste».

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