Nord-Pas-de-Calais : le FN accusé de détournements de fonds publics

ENQUÊTE – A quelques heures du 2e débat présidentiel, « Le Canard enchaîné » a lâché une nouvelle d’importance dans la campagne, en révélant l’ouverture d’une enquête préliminaire du parquet de Lille pour des faits de détournements de fonds publics au sein du groupe des élus régionaux du FN.

Une nouvelle affaire contre le Front national en plein coeur de la campagne présidentielle, pour l’instant dominée par sa candidate Marine Le Pen. Dans son édition du 5 avril, Le Canard enchaîné révèle l’ouverture, par le parquet de Lille, d’une enquête préliminaire sur « des détournements de fonds publics au conseil régional du Nord-Pas-de-Calais »,  entre 2010 et 2015. Une information confirmée par une source proche de l’enquête à l’AFP.

Employé dans le Nord, élu en région Paca

En clair, les magistrats locaux ont été alertés par le parquet de Paris de soupçons concernant l’utilisation par le groupe des élus du Front national au conseil régional du Nord-Pas-de-Calais des fonds alloués par la collectivité. Des fonds qui auraient permis, suspectent les enquêteurs, de préparer la campagne présidentielle de 2012 avec un groupe de salariés installé au conseil régional, où Marine Le Pen occupait les fonctions de présidente du groupe FN. Des salariés particulièrement nombreux, relève Le Canard, qui en compte 35 pour le parti d’extrême droite, contre 8 pour le PS et 12 pour l’UMP.

Les soupçons des juges viennent aussi de la présence de David Rachline, le sénateur-maire de Fréjus et directeur de la campagne 2017 de Marine Le Pen. Le palmipède rapporte que ce dernier était salarié du groupe frontiste en Nord-Pas-de-Calais, alors qu’il était en même temps élu régional en Provence-Alpes-Côtes-d’Azur. Un David Rachline dont Le Canard n’est pas parvenu à se faire confirmer l’assiduité au conseil régional, en dépit de contacts avec « une dizaine de conseillers régionaux de l’époque – y compris du FN ».

Côté Front national, on pointe du doigt le timing d’une telle information, virant presque au complotisme. David Rachline a ainsi indiqué sur BFM qu’il trouvait « l’agenda surprenant », tandis que le vice-président du parti Florian Philippot y a vu, en rigolant, la main d’un « dark cabinet », qui pourrait ainsi « mettre sur écoute légale le directeur de campagne de Marine Le Pen, parce qu’il est évident qu’il était sur écoute illégale ! » Contacté également par LCI, le conseiller régional des Hauts-de-France Sébastien Chenu a qualifié l’information de « pétard mouillé ».

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