Un débat à 11 certes historique mais sans engouement

A trois semaines du premier tour, les candidats continuent de faire entendre leurs voix. Si le premier débat avait exclu certains candidats, ce mardi 4 avril aura réuni les onze candidats en compétition pour l’Elysée. Les « petits candidats » ont pu se faire entendre du grand public tandis que les habitués des écrans étaient très effacés, sur la défensive ou encore creux, sans arguments pertinents.

Atmosphère générale

Le premier point de ce débat fut la création d’emploi en France. Fillon ouvre le bal, il est calme et avance ses idées avec un certain rythme. Il parle du travail pour la jeunesse, de plus de liberté dans l’économie. Il est cependant trop en retrait, passif. Mélenchon quant à lui dénonce la contre-productivité de l’agriculture et la nocivité pour la santé des consommations.

Certains candidats face à la question du travail était plutôt dans… l’utopie. En effet, Jacques Cheminade, représentant du parti Solidarité et Progrès, propose de créer de l’emploi en déboursant 100 milliards d’euros par an pendant cinq ans. Quant à Emmanuel Macron, il parle « d’investir »… c’est tout !

La voix des petits candidats

Ce que l’on peut dire c’est que d’entrée, les « petits candidats » ont attaqué. Notamment Philippe Poutou, candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste, qui dans sa présentation a fait remarquer qu’il était l’un des seuls sur le plateau à exercer un métier « normal ». Il s’est vu demander plusieurs fois d’arrêter de parler. En effet, celui-ci pendant le débat avait un débit de parole assez impressionnant. Il s’est défendu en disant « ce n’est pas parce que je ne porte pas de cravate qu’il faut me couper la parole » (on a pu remarquer en effet la tenue peu conventionnelle de Poutou pour un politique, mais qui colle parfaitement avec ses idées et son parti).

On a connu mieux

Hamon et François Fillon étaient totalement absents du débat. Pour gagner, il faudra se ressaisir. Tous deux ne faisaient que de citer encore une fois leurs programmes respectifs mais aucun argument pour le défendre de façon concrète. Hamon n’a pas attaqué Macron, sans doute par stratégie politique, car sa popularité en baisse, il est fort peu probable que le candidat socialiste soit présent au second tour, il serait donc amené à appeler à voter Macron pour le second tour, et c’est sans doute pour ne pas se contredire qu’il ne l’a pas attaqué.

En ce qui concerne Marine Lepen, on l’a vu en difficulté. De plus en plus, on se rend compte que face à ses électeurs, elle est souriante, blague, est à l’aise, mais lorsqu’elle est en débat, elle se place en position de victime, commençant toutes ses phrases par « Excusez-moi ? », « Pardonnez-moi ? », elle n’a guère brillé lors du débat.

Moments marquants

Philippe Poutou n’a pas hésité à descendre les autres candidats : « nous, on n’a pas d’immunité ouvrière » lance-t-il en direction de Marine Le Pen et de François Fillon quand il a fallu aborder le devoir d’exemplarité politique. C’est d’ailleurs le seul candidat, avec N. Dupont-Aignant peut être, qui a osé attaquer d’autres candidats, parce que lui n’a rien à perdre contrairement aux autres candidats.

Dupont-Aignant remarquant la défensive extrême de Macron : « ce n’est jamais vous de toutes façons ».

L’anaphore du candidat des Républicains sur le devoir d’exemplarité des hommes politiques fut le seul moment où celui-ci s’est distingué :

« Un président exemplaire est un président qui dit la vérité aux Français sur la réalité de la France et la réalité du monde. Un président exemplaire, c’est un président qui met en oeuvre les engagements qu’il a pris devant le peuple, quelles que soient les difficultés »

« Un président exemplaire », a poursuivi celui que Nicolas Sarkozy qualifiait de « collaborateur », « c’est un président qui respecte son Premier ministre, qui respecte le gouvernement et qui respecte l’équilibre des pouvoirs prévus par la Constitution »

« Un président exemplaire, c’est un président qui ne se sert pas des moyens de l’Etat pour affaiblir ses adversaires. Et un président exemplaire, c’est un président qui ne confie pas à des journalistes des secrets défense. »

« Pour finir, un président exemplaire, c’est un président qui, au bout de cinq ans, peut dire qu’il a amélioré la situation et la vie des Français » a-t-il conclut.

En tout cas sur Twitter, l’ambiance était au rendez-vous

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Même si ce débat à onze était l’occasion de voir de nouvelles têtes, l’organisation était assez « brouillon ». Les journalistes ont eu du mal à avoir de l’autorité sur les candidats, et il fût déplorable d’entendre Ruth Elkhrief leur couper autant de fois la parole. Un débat à onze est intéressant, mais ne permet que des réponses courtes et peu développées des candidats. Nous avons parcouru rapidement les programmes mais aucune défense de ceux-ci. Certains étaient sur la défensive, tandis que d’autres ont vivement participé à ce débat mais sans programme concret… c’est dommage !

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