Pour Jacques Attali, le sort des salariés de Whirlpool est une «anecdote»

Le soutien d’Emmanuel Macron a estimé que le sort des salariés ne dépendait pas du chef de l’État mais que c’était «aux ouvriers de se prendre en main». Alors que le candidat d’en Marche! vit une journée de campagne compliquée à Amiens, plusieurs cadres du mouvement lui ont enjoint de se taire.

C’est une maladresse qui passe mal en cette journée de campagne compliquée pour Emmanuel Macron. Mercredi matin, alors que le candidat d’en Marche! avait prévu de rencontrer l’intersyndicale de Whirlpool à Amiens mais pas les salariés, Jacques Attali a laissé entendre que le cas de l’usine d’Amiens n’était qu’une «anecdote». Cet ancien conseiller de François Mitterrand, interrogé sur LCI sur le sort des 300 salariés de Whirlpool actuellement menacés par un plan social, a fait comprendre que c’était le contexte plus large de la campagne qui lui importait. «C’est en effet une anecdote dans un contexte plus large, c’est une anecdote non pas au sens péjoratif du mot mais cela s’inscrit dans un contexte de la mondialisation ou de la fermeture», a commenté ce proche de Macron. «Je ne voudrais pas que cette campagne se réduise à des anecdotes», a-t-il mis en garde. «La priorité pour moi, dans les dix jours qui viennent, c’est de voir les candidats avoir la chance de confronter leurs programmes», a déclaré Attali.

Sommé par la journaliste de s’expliquer davantage, celui qui a joué le rôle d’entremetteur entre Macron et Hollande a fait porter la responsabilité du sort des salariés à eux-mêmes et aux actionnaires. «C’est la compétence des ouvriers eux-mêmes de se prendre en main, des détenteurs du capital, du ministre des Affaires sociales», a-t-il expliqué. «Le président de la République n’est pas là pour régler chaque cas individuel, il est là pour créer les conditions d’un contexte global et pas là pour faire des fausses promesses à des ouvriers», a ajouté Attali, se plaçant ainsi sur la même ligne que Macron qui s’était engagé, concernant Whirlpool, à ne pas «monter sur un camion pour faire de fausses promesses», contrairement à ce qu’avait fait Hollande à Florange en 2012.

En déplacement à Amiens, sa ville natale, sur le site de l’usine Whirlpool, Emmanuel Macron a été pris de court par son adversaire Marine Le Pen. Alors qu’il rencontrait l’intersyndicale et avait prévu une conférence de presse, la candidate du Front national s’est invitée elle aussi à Whirlpool, mais sur le parking, au contact direct des salariés. L’après-midi, l’ancien ministre de l’Économie a finalement rencontré les ouvriers, au cours d’une visite improvisée et chahutée. Dans ce contexte très tendu, plusieurs responsables d’en Marche! ont recadré Jacques Attali. «Ce que dit Attali sur Whirlpool est une méprisable anecdote: qu’il se taise! Avec Emmanuel Macron nous luttons pour l’emploi», a écrit sur son compte Twitter Richard Ferrand, le secrétaire général du mouvement. Depuis Amiens, selon plusieurs journalistes sur place, le porte-parole Benjamin Griveaux a lui considéré que Jacques Attali venait de «démontrer qu’il appartenait au monde d’avant». «Il est heureux qu’il y reste», a-t-il ajouté.

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