À l’étranger, le débat d’entre-deux-tours laisse un sentiment d’amertume

La presse étrangère a été unanimement surprise par la violence des échanges entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, sans savoir si l’un des deux candidats était sorti grandi de cette soirée, et encore moins gagnant. Pour beaucoup, il y a comme un goût d’inachevé. Tour d’horizon.

Dans la foulée du Brexit et la victoire de Donald Trump aux États-Unis, la présidentielle française est scrutée de près par les médias étrangers. Et le débat d’entre-deux-tours était un moment très attendu par les journalistes du monde entier. Après coup, à la lecture de la presse étrangère, la teneur du duel de mercredi soir a laissé un certain goût d’amertume.

Tous s’accordent sur la violence des échanges qui dénotent avec les précédents débats présidentiels. En Allemagne, le Suddeutsche Zeitung évoque une «confrontation brutale», une «agressivité sans précédent». Outre-Atlantique, le New York Times parle, lui, d’un «débat vicieux». La tonalité du débat étonne encore en Belgique où Le Soir a assisté à «un pugilat». «Ce fut un combat anormal, asymétrique, juge pour sa part El Pais. De l’escrime contre de la lutte mexicaine, la feuille contre le marteau, les arguments contre l’émotion.»

Pour le Washington Post, le débat laisse une impression de déjà-vu. «Dans un spectacle qui reflète les interactions entre Donald Trump et Hillary Clinton aux élections américaines de l’automne dernier, Macron et Le Pen se sont sautés à la gorge», écrit un journaliste du quotidien. «La stratégie de Marine Le Pen était de trumpiser le débat, de refuser toute conversation sérieuse», résume Die Zeit. Le New York Times a plus assisté à une «empoignade dans le style de la télévision américaine qu’une discussion raisonnée telle que les Français en ont pris l’habitude».

Dans ces conditions, difficile de donner le nom d’un vainqueur. «Macron était le candidat qui avait le plus à perdre mais il n’a pas perdu. Crédible, professoral, moins fragile que prévu», estime le Corriere de la Serra. Mais, d’après les Suisses du Temps, Marine Le Pen a imposé son rythme et «le vainqueur du premier tour n’a pas réussi à imposer son discours pédagogique, précis sur les faits». Quand, aux yeux du Daily Telegraph, «elle a oublié la règle numéro un d’un débat télévisé: rester calme et apparaître de stature présidentielle.»

Finalement, il n’y aura eu qu’un seul perdant dans ce spectacle, selon leurs compatriotes du Guardian. «Dans un débat plus porté sur les insultes que sur le contenu des programmes, les téléspectateurs ont perdu le compte du temps», rapporte le quotidien britannique. Die Welt va même plus loin: «Les Français ont assisté de loin au pire débat télévisé entre deux candidats à l’élection présidentielle dans l’histoire de la Ve République. Aujourd’hui, les personnes qui ne savaient pas pour qui voter dimanche ne sont sans doute pas plus avancées.»

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