Les Iraniens se sont rendus massivement aux urnes pour élire leur nouveau président

Les Iraniens se sont rendus aux urnes ce vendredi pour élire le nouveau chef de l’État. Alors que de longues files d’attente ont été constatées à travers le pays, le scrutin s’est passé dans une bonne ambiance, même si le camp conservateur a dénoncé des « infractions ».

La République islamique d’Iran élit ce vendredi son nouveau président. Hassan Rohani, religieux modéré de 68 ans, affronte Ebrahim Raissi, religieux conservateur de 56 ans proche du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Pour faire face à l’affluence des électeurs, le scrutin a dû être prolongé de deux heures, jusqu’à 20 heures (16h30 en France).

En famille ou entre amis, les électeurs ont attendu patiemment parfois pendant plus d’une heure leur tour de voter en prenant des selfies et en discutant politique dans la courtoisie. «J’ai toujours voté», annonçait fièrement Mahnaz Rafii, une professeure de théologie de 50 ans, qui a choisi Raissi. «La participation enthousiaste des Iraniens à l’élection renforce la puissance et la sécurité nationales», s’est félicité le président Rohani après avoir voté à Téhéran, baignée de soleil.

Avant même la clôture du vote, le camp Raissi a dénoncé des «infractions» et demandé une intervention immédiate contre «des actions de propagande de certains responsables et partisans du gouvernement» en faveur du président sortant. Il a également dénoncé une mauvaise présentation du nom d’Ebrahim Raissi sur les listes des bureaux de vote et l’absence de suffisamment de bulletins dans les «zones déshéritées».

Le président sortant et son adversaire ont appelé au «respect» du choix des Iraniens, quel que soit le résultat. L’un des premiers à avoir déposé son bulletin dans l’urne installée dans sa résidence de Téhéran a été Ali Khamenei, qui a appelé ses compatriotes à aller aux urnes «massivement, le plus tôt possible». Le célèbre réalisateur iranien Asghar Farhadi a voté à Cannes, où il participe au festival de cinéma, dans une des urnes mobiles installées en France par l’ambassade d’Iran, selon l’agence de presse Isna.

Parmi les nombreux électeurs, Amir Fathollahzadeh, 51 ans, a voté pour la première fois. « J’ai perdu presque tout mon ‘business’ ces dernières années, mais je vote Rohani pour ne pas perdre aussi ma dignité et ma fierté », dit-il. En revanche, Moshen, 32 ans, qui travaille dans le secteur culturel, a choisi M. Raissi car l’Iran « est entouré d’ennemis ».

Le scrutin se tient deux jours après la décision américaine de renouveler l’allègement des sanctions contre l’Iran, conformément à l’accord nucléaire de 2015 entre Téhéran et six grandes puissances, dont les Etats-Unis. Le président Rohani, élu en 2013, a consacré la majeure partie de son premier mandat de quatre ans à la négociation de cet accord ayant permis d’entamer l’ouverture économique et politique de son pays.

De longues files d’attente

Les files d’attente semblaient beaucoup plus longues que lors des législatives de 2016 et un canal avait été créé sur le réseau social Telegram, très populaire en Iran, pour aiguiller les électeurs vers les bureaux de vote les moins encombrés. Les Iraniens peuvent en effet voter n’importe où dans le pays ou à l’étranger.

Dans un bureau de vote de Téhéran ce vendredi.

«Nous votons Rohani en espérant que les choses ne vont pas empirer», a affirmé Hamed Boroujerdi, un marchand de vêtements de 40 ans venu voter avec sa femme et ses deux enfants. D’autres comme Amir Fathollahzadeh, âgé de 51 ans, votaient pour la première fois.

Des Iraniennes s'apprêtent à aller voter dans la ville de Qom.

«J’ai perdu presque tout mon business ces dernières années, mais je vote Rohani pour ne pas perdre aussi ma dignité et ma fierté», a-t-il dit. Il espère que le président sortant pourra continuer sa politique d’ouverture et obtenir la levée d’autres sanctions pesant encore contre son pays. Dans une mosquée de la ville où les pro-Raissi sont nombreux, Ali Serkani, un étudiant de 23 ans, venu avec sa sœur et ses parents, a estimé que «la protection de la culture islamique et l’économie» étaient prioritaires.

«Malheureusement, ces dernières années, les valeurs de la révolution ont été affaiblies et nous devons les rétablir», renchérit Mahnaz Rafii, une professeur de théologie de 50 ans.

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