Le viol collectif, arme de destruction massive des Rohingyas

Human Rights Watch a publié le 16 novembre un rapport sur les viols massifs commis par l’armée birmane sur les femmes Rohingyas forcées de fuir au Bangladesh.

Le pape vient d’atterir en Birmanie pour une visite de trois jours. Des « stars du Web » ont, quant à elle, lancé une initiative humanitaire inédite : un livestream pendant 48h non-stop pour récolter des fonds pour aider les milliers de musulmans réfugiés dans des camps au Blangadesh, où ils n’ont pratiquement aucun droit.

Suite à ces informations, nous avons décidé de nous pencher de plus près sur ce génocide. Ce que nous avons trouvé sur le viol des femmes – ce qui frappe, en plein milieu des #MeToo et #BalanceTonPorc – des informations qui font froid dans le dos. En plus d’être humiliant, le viol est utilisé comme arme du guerre, comme arme de destruction massive.

Selon un rapport publié par Human Rights Watch (HRW) ce jeudi 16 novembre, les forces de sécurité birmanes mèneraient depuis le 25 août 2017 une large campagne de viols contre les femmes et les jeunes filles rohingyas de l’État d’Arakan, sur la côte ouest du pays, dans le contexte du nettoyage ethnique des musulmans.

En quelques semaines, plus de 600.000 Rohingyas ont été forcés de quitter leurs villages pour fuir vers le Bangladesh dans une extrême précarité.

Un nombre de victimes difficile à estimer

Face à l’ampleur de cette crise humanitaire, Amnesty International appelait la communauté internationale à prendre des mesures pour «mettre fin à la campagne de répression qui a conduit plus de la moitié de la population des Rohingyas à quitter le Myanmar», relevant déjà les violences sexuelles commises sur les populations rohingyas dans son rapport intitulé «Mon monde est terminé», publié le 18 octobre.

L’enquête de HRW, menée dans des camps de réfugiés, a recueilli les témoignages de 52 femmes et jeunes filles victimes de violences commises par des membres des forces de sécurité birmanes; 29 d’entre elles rapportent avoir subi des viols, dont la majorité était des viols collectifs:

« Dans chaque cas qui nous a été décrit, les auteurs [de ces viols] étaient des membres des forces de sécurité en uniforme, quasiment tous des militaires. »

Le nombre de victimes demeure difficile à estimer. Les organisations humanitaires le situent entre quelques douzaines et plusieurs centaines, selon les camps de réfugiés.

Skye Wheeler, chercheuse sur les situations d’urgence à la division Droits des femmes de HRW, rapporte dans une vidéo documentaire publiée sur le site de l’ONG les enjeux liés à ces viols de guerre.

Des victimes murées dans le silence

Alors que certains réfugiés témoignent avoir vu des femmes se faire violer puis tuer, près de deux tiers des survivantes entendues et interrogées par HRW disent ne pas avoir dénoncé les violences subies aux autorités, pas plus qu’aux organisations humanitaires. Un silence en partie lié à la défiance vis-à-vis de ces institutions, mais aussi à la peur du stigmate associé au viol et à la crainte de devoir payer des frais médicaux dont elles n’ont pas les moyens.

« Les survivantes de viols collectifs ont raconté des jours entiers d’agonie, marchant à travers la jungle du Bangladesh, les parties génitales gonflées et déchirées. […] Trois femmes nous ont dit avoir accouché au cours de leur périple sans recevoir les soins médicaux minimaux ou une assistance sanitaire qualifiée. »

Aucune des victimes n’a pu recevoir de soins après son viol (contraception d’urgence, prophylaxie contre le VIH…), le gouvernement birman empêchant l’accès d’une grande partie de l’État d’Arakan aux humanitaires.

Les autorités birmanes rejettent les accusations de violences sexuelles commises par l’armée, tout autant que la réalité du nettoyage ethnique se poursuivant depuis août, affirmant qu’il n’y a jusqu’à présent «pas eu de mort de personne innocente», mais seulement celles de «376 terroristes bengalis de l’ARSA».

Plaidant contre le viol comme arme d’humiliation et de terreur en période de conflit, le rapport de HRW se conclut par une série de recommandations adressées aux différentes parties birmanes et internationales, appelant à nouveau à l’arrêt de cette guerre entre les musulmans Rohingyas extrémistes et l’armée birmane.

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